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Les plantes volubiles, grimpantes, sarmenteuses, ou dont les tiges manquent de rigidité pour supporter le poids du feuillage, les espèces envahissantes ou aux rameaux grêles demandent à être palissées sur un support. Il existe de nombreux modèles adaptés aux différents types de végétaux, l'important étant l'efficacité et la discrétion...
On parle de « tuteurage » lorsque la plante est maintenue par un ou plusieurs piquets droits, en arceaux ou en spirale. On emploie plutôt le terme de « palissage » lorsque la plante se développe en largeur contre un treillage, un grillage, une échelle ou qu'elle prend appui sur des fils tendus contre un mur. Dans tous les cas, le support doit rester discret et stable. Il est préférable de l'installer ou de le remplacer lorsque la plante est jeune, ou à l'occasion d'un rempotage, afin de ne pas risquer de blesser les racines.
Astuces: Pour éviter que les liens ne blessent ou n'étranglent les tiges, attachez-les d'abord sur le tuteur, en serrant bien, avec deux noeuds, puis faites passer l'attache en forme de huit autour de la tige de la plante, sans serrer. Nouez l'extrémité du lien sur le tuteur. Ainsi, la tige de la plante est maintenue avec souplesse, ce qui va lui permettre de s'épaissir en toute décontraction.
• Le bambou, solide, naturel: Les tuteurs en bambou se fondent dans le feuillage. Les modèles courants, qui ne dépassent pas 1 m de long, sont parfaits pour les jeunes plantes ou celles à moyen développement comme les hortensias ou les poinsettias. Trois ou quatre bambous, reliés à mi-hauteur par une ficelle, permettent de contenir naturellement les plantes à port très évasé, comme les cypérus ou les tilleuls d'appartement (Sparmannia). La flexibilité des bambous ne leur permet pas de supporter des plantes à très grand développement, comme les ficus, les philos ou les syngoniums. Des supports d'un diamètre d'au moins 2 cm de diamètre sont nécessaires. Pensez à protéger l'extrémité de chaque bambou avec un bouchon de liège, pour ne pas vous blesser par inadvertance lorsque par exemple vous vous penchez pour arroser.
• Plastique ou métal: Les tuteurs en plastique ou en métal plastifié conviennent aux plantes vigoureuses et lourdes. Solides, ils peuvent rester en place plusieurs années sans fléchir. La couleur verte se fond bien dans le feuillage, le blanc reste également assez discret, surtout pour les plantes à feuillage panaché. Les arceaux conviennent aux lianes fleuries, comme les stéphanotis ou les dipladénias. Le fait de courber les branches vers le bas favorise l'émission de nouvelles pousses fleuries. De nombreuses plantes sont vendues palissées sur des arceaux. Si le diamètre est trop petit (moins de 30 cm), il faut, un mois après l'achat, rempoter et remplacer le tuteur. Jasmins, plumbagos, thunbergias, à la croissance vigoureuse, se développeront, dans la saison, sur des arceaux d'au moins 40 cm de diamètre. On trouve désormais dans le commerce des tuteurs aux formes décoratives variées : spirales, cœurs, silhouettes animales ou végétales. Ces derniers sont parfaits pour les espèces à petites feuilles, comme les lierres ou les ficus rampants, qui peuvent alors se conduire comme des topiaires.
Une forme décorative en fil de fer
Tutorage sur un arceau
Fil de fer en spirale
Avec un lien
• Les tuteurs en mousse: Recouverts de mousse naturelle ou artificielle, ils sont adaptés aux plantes possédant des racines aériennes : pothos, syngoniums, ou philodendrons grimpants. Les racines viendront puiser dans la mousse un surplus d'humidité et d'éléments nutritifs. Vous devez considérer ce tuteur comme un second milieu de culture. Versez doucement l'eau d'arrosage sur le dessus du tuteur pour humidifier la mousse ou pulvérisez quotidiennement l'ensemble avec de l'eau tiède. Une fois par mois, ajoutez une demi-dose d'engrais liquide dans le pulvérisateur pour nourrir les racines aériennes. Plaquez les tiges contre la mousse avec un morceau de raphia, avec des épingles à cheveux ou des trombones à demi dépliés, enfoncés dans l'épaisseur du tuteur.
LES PLANTES À TUTEURER
SUR UN ARCEAU:
Dipladénia, gynura sarmenteux, hoya, fleurs de la passion, ampélopsis, stéphanotis, plumbago, bougainvillée, céropégia, philodendrons à petites feuilles, lierre, etc., se conduisent bien autour d'un arceau métallique. Prévoyez un diamètre suffisant (au moins 40 cm) pour que les tiges de la plante ne soient pas trop contraintes. Trachejospermum et jasmins peuvent s'enrouler autour d'un arceau les 2 ou 3 premières années.
SUR UN TUTEUR ÉCHELLE:
Les lianes à grand développement : Solanum josminoides, streptosolen, bougainvillée, thunbergia, clérodendron, pothos, solandra, passiflore, stéphanotis (plantes adultes).
SUR UN TUTEUR EN MOUSSE:
Toutes les plantes formant des racines aériennes : aralias, ficus rampants, philodendrons grimpants, pothos et syngonium.
• Le palissage : Cette opération concerne les plantes grimpantes ou les lianes que l'on préfère voir se développer en surface, et non en volume ou en suspension pour un effet de plus grande ampleur. Une plante palissée présente une plus grande surface au soleil et pousse plus vigoureusement. Palissez régulièrement les tiges afin de maîtriser la croissance de la plante. Les plumbagos, par exemple, deviennent extrêmement envahissants si l'on « oublie » de les guider. Les tiges s'emmêlent, cassent lorsqu'on les redresse, ce qui rend un palissage ultérieur difficile. Si vous n'avez pas prévu le palissage lors de la plantation, installez trois tuteurs en bambou à la périphérie du pot et passez une ficelle ou un morceau de raphia autour de l'ensemble, en enroulant le lien deux fois autour de chaque tuteur. Si vous disposez d'un mur, le plus simple consiste à tendre des fils de fer sur des vis fixées tous les 2 m (les clous s'arrachent plus facilement quand la ramure devient pesante). Ce système convient aux philo, cissus, jasmin. À titre indicatif, la ramure d'un Trachelospermum jasminoides vigoureux âgé de 10 ans peut peser plus de 10 kg! Le rempotage d'une plante palissée contre un mur sera par la suite plus délicat. Prévoyez un pot suffisamment volumineux (au moins 30 cm de diamètre) dans lequel la plante pourra rester en place au moins 3 ou 4 ans.
• Les différents types de liens : Tout ce qui est souple et solide et peut être noué est suceptible de servir d'attache. Le raphia est un produit naturel qui provient d'un palmier originaire du Nigeria. Il convient pour les plantes à faible développement. Souple, le raphia ne blesse pas les tiges, s'il n'est pas trop serré. Le fil de fer plastifié se vend en rouleau. Solide, il peut supporter les plantes lourdes. Il s'avère pratique à utiliser avec les tuteurs en mousse. Pour les plantes aux tiges épaisses, à la croissance vigoureuse préférez les colliers en plastique. Il en existe de nombreux modèles adaptés aux différentes dimensions. Les fils de cuivre ou de laiton sont réservés à la ligature des bonsaïs. Les fils en Nylon ou le fil de fer des fleuristes ne conviennent pas. Trop fins, ils blessent facilement les tiges.
Lien plastique, discret et facile
• Les plantes fragiles : Certaines orchidées, comme les phalaenopsis, produisent de longues tiges flexibles. Les plus florifères peuvent porter jusqu'à 15 grandes fleurs. Pour éviter que les tiges ne cassent ou ne ploient dangereusement, les amateurs installent de petits tuteurs en biais, qui suivent la courbure naturelle de la tige, et la soutiennent sur les deux tiers environ de sa longueur. Le lien est constitué par des brins de laine ou du raphia coloré.
Les tiges des amaryllis, épaisses mais fragiles, demandent une protection, spécialement lorsqu'elles portent plusieurs lourdes fleurs. Installez un petit tampon de coton ou de polystyrène expansé entre le tuteur et la tige pour amortir les chocs. Les médinillas, ces lourdes plantes aux imposantes grappes rose porcelaine, ont souvent des tiges cassantes. Soutenez discrètement les tiges florales avec un rameau fourchu de noisetier, qui sera dissimulé par le feuillage généreux.
Les bégonias, aux tiges aqueuses et aux fleurs parfois très lourdes, demandent également un tuteurage. Utilisez de fines baguettes de bois, que vous attacherez en plusieurs points de la tige, avec un morceau de raphia. Attention! les tiges cassent comme du verre et les feuilles se meurtrissent facilement.
Attention aux blessures Cicatrice sur un iront, due à un lien trop serré
ATTENTION AUX BLESSURES : Les plantes croissent en hauteur mais aussi en largeur. Une tige de ficus de 1 cm de diamètre double d'épaisseur en 3 ans, si la plante est bien nourrie et correctement exposée et arrosée. La circonférence du tronc d'un oranger en pot gagne au moins 1 cm par an s'il passe la belle saison en plein air. La croissance en épaisseur continue même si un lien étrangle la tige. La circulation de sève étant ralentie, les tissus forment d'abord un bourrelet. Puis l'écorce se fend et le lien est peu à peu recouvert par le bois qui a tendance à se nécroser. Le rameau est alors profondément marqué. Dans certains cas, l'écorce se développe autour du lien, jusqu'à l'intégrer complètement dans la plante. La branche, affaiblie par la cicatrice, est plus fragile et produit des feuilles plus petites. Les risques d'attaques parasitaires, notamment des chancres, sont augmentées. Pour éviter tout problème, il est bon de vérifier l'état des attaches tous les 6 mois environ. Vous devez pouvoir glisser un petit tuteur entre le lien et le tronc. Si l'attache a entamé l'écorce, n'essayez pas de la retirer brutalement. Coupez délicatement pour relâcher l'étreinte. Tirez doucement dessus. Si le lien vient tout seul, ôtez-le complètement. S'il reste incrusté dans l'écorce, essayez de le couper en petits tronçons, qui se détacheront plus facilement. Recouvrez la plaie avec un mastic en pâte, pour qu'elle reste bien propre. La plante finira par cicatriser d'elle-même mais la marque ne s'effacera jamais. Surveillez de près les espèces ligneuses comme le tilleul d'appartement, les Firus benjamine, les abutilons, les polyscias, les yuccas, les araucarias.