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Taillez la vigne

La vigne s'est retirée au fil des siècles dans les seules régions où sa production reste rentable pour les vignerons et c'est dommage ! Car on peut toujours planter quelques pieds de vigne bien au-delà de la ligne fatidique de la Loire, si l'on n'en espère que le plus délicieux — et le plus diététique — des desserts de l'automne,
Si vous le voulez vraiment, elle adoptera votre terre: il suffit que vous demandiez à votre pépiniériste le porte-greffe qui sera adapté à la nature de votre sol. La vigne n'a qu'une allergie rédhibitoire : les terres trop argileuses où l'humidité stagne en profondeur.
Si vous avez n'importe quel autre genre d'habitat à lui offrir, n'hésitez pas à tenter de l'installer chez vous. Ménagez-lui un bon ensoleillement et, plus vous serez au nord de la Loire, plus vous devrez la protéger en la palissant au long d'un mur exposé plein sud.
Ce début de deuxième trimestre (fin mars-débli avril) est le meilleur moment pour planter les ceps ça les grands froids ne sont plus à craindre. Défoncez profondément le sol avant d'y installer des pieds déjà enracinés : leur reprise sera plus facile.
Vous pouvez ne planter qu'une seule variété puis que la vigne est autofertile ; mais ce serait dommage. Car, selon les espèces, la vigne peut vous offrir du raisin du 15 août au 15 novembre. Cultivez trois ou quatre pieds, de variétés différentes, qui vous assureront des grappes durant ces deux mois. Sans compter que les fruits se forment mieux lorsque plusieurs espèces sont réunies.
Mais, avant de goûter les grappes, apprenez à guetter la naissance des rameaux herbacés (les pampres) qui, au cours du mois d'août, en se muant en bois, vont devenir sarments.

Et apprenez surtout l'opération essentielle de cette culture, la taille. Elle débute au moment de la plantation; ainsi, la première année, coupe-t-on la jeune vigne à deux yeux (bourgeons bien formés). Cette taille peut s'opérer ensuite de deux manières : en cordn vertical (palissé, par exemple, contre un mur) ou on cordon horizcntal, latéral ou bilatéral.
En cordon vertical, attendez que les deux rameaux issus de la taille à deux yeux soient nés. Le plus robuste est palissé verticalement tandis que l'autre sera coupé en vert vers juillet-août. Vous supprimerez également, en cours de saison, les rameaux auxiliaires dits « anticipés ».
Au printemps de la deuxième année, vous taillerez le rameau conservé à trois ou quatre yeux. Des rameaux qui vont en naître, repérez celui qui est issu du dernier oeil supérieur, en cours de végétation, et palissez-le verticalement en le pinçant à 1 m de hauteur. Et palissez horizontalement les autres rameaux, tout en apprenant leur nom et leur indispensable rôle : ils se nomment les « coursons » et c'est sur eux que vont naître les rameaux fertiles qui vous donneront vos premiers fruits dès l'automne.

La deuxième année taillez le prolongement, au printemps, sur un oeil dirigé vers le bas, On ne conserve, ensuite, en cours de végétation, qu'un à deux coursons palissés verticalement sur un deuxième fil de fer.
Si vous désirez un cordon bilatéral, intervenez à la troisième année : établissez-le en raccourcissant le premier cordon taillé sur un oeil vers le bas.

Au printemps de la troisième année, vous taillerez le « prolongement vertical de votre vigne à trois ou quatre yeux selon la variété. Et votre vigne sera alors formée.
Vous n'en devrez pas moins, les années suivantes, continuer à la tailler de la même manière jusqu'à ce qu'elle atteigne 2,50 à 3m de haut.
En cordon horizontal : à la première taille, ne conservez, là aussi, qu'un seul rameau de prolongement. Palissez-le d'abord verticalement mais, en cours de saison, courbez-le horizontalement à la hauteur que vous désirez.

Mais tailler n'est pas tout ! La vigne a aussi besoin de soins pour rester en bonne santé. Les meilleurs traitements étant préventifs, traitez la vôtre avec des bouillies cupriques et du soufre, toutes les trois semaines, dès le débourrement printanier et jusqu'à la formation des fruits.Enfin n'oubliez pas les engrais.
Tous les deux ans, en janvier : 30 g de superphosphate et 30 g de sulfate de potasse au mètre carré.
Tous les ans, au printemps : 30 g de sulfate d'ammoniaque.
Et veillez à lui garder le pied propre. Mais attention aux binages trop profonds : ils risquent de détruire les racines superficielles. Travaillez donc assidûment mais avec délicatesse. C'est bien le moins que l'on doive à cette vieille dame qui nous offre, chaque année, la jeunesse de ses grappes.


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