EN BREF
Semons la capucine
De juin à septembre, vous vous régalerez non seulement de ses couleurs qui feront pétiller vos tonnelles ou vos clôtures, mais aussi de ses parfums. Car la capucine est tout à fait digne du nom de « cresson d'Inde » qu'on lui donnait dans les anciens livres de jardinage : elle est capiteuse comme une essence d'Orient.
D'ailleurs, si vous n'avez pas le palais timoré, mêlez-en, cet été, quelques pétales frais à vos salades; vous découvrirez un goût insolite, bien plus enchanteur que bien des condiments réputés. Faites, aussi, confire des graines fraîches dans du vinaigre, vous aurez d'excellentes fausses câpres pas indignes des vraies.
La capucine est facile à cultiver, elle s'accommode de toutes les terres chaudes et bien composées. Une seule précaution : épargnez-lui les terres trop riches car l'ingrate vous offrirait, alors, plus de feuilles que de fleurs!
Que vous choisissiez l'espèce annuelle dont vous ferez des massifs, ou la grimpante, vous devez semer la capucine en poquets. C'est-à-dire en petits trous de 2 à 3 cm de profondeur dans chacun desquels vous déposerez deux ou trois graines. Ne tassez pas trop la terre en les recouvrant et arrosez copieusement. Semez la capucine directement en place, car elle sup-orte mal d'être transplantée.
Lorsque les plants auront levé, ne conservez que le plus beau par poquet ; vous redoublerez sa vigueur.
Et regardez-le pousser, autant par plaisir que par précaution. Vous risquez d'y voir apparaître l'ennemi no 1 de la capucine, le puceron noir. Ne recourez pas aux produits chimiques mais utilisez un de ces deux vieux remèdes dont l'efficacité a fait ses preuves : soit des pulvérisations d'eau savonneuse dès les premières attaques, soit un « jus de tabac » ; c'est-à-dire l'eau d'un arrosoir où vous aurez laissé un paquet de « gris (tabac) » macérer pendant dix jours et dont vous aspergerez vos plantes. Les pucerons n'y résisteront pas. Le procédé est également valable pour les rosiers.
Ressuscitez le pourpier
Si vous avez un sol sablonneux et humide, dans un climat doux, offrez-vous ce luxe : ressusciter une salade quasiment disparue, le pourpier. Pour le voir s'étaler sur la plate-bande la mieux ensoleillée de votre jardin, semez le pourpier ce mois-ci en rayons espacés de 25 cm. Préférez la variété dorée à larges feuilles, que l'on trouve dans de nombreux catalogues. Recouvrez peu les graines et tassez avec le dos d'un râteau, léger, léger. Ensuite, arrosez régulièrement, le sol doit demeurer toujours humide.
Vous pourrez commencer à régaler vos invités dans deux mois. Coupez alors les extrémités des tiges au fur et à mesure de vos besoins. Vous devez manger du pourpier jusqu'en septembre.
Si vous vivez dans une région froide, semez votre pourpier sur couche ou en châssis et attendez le mois de mai pour le mettre en pleine terre.
Sur le balcon
Sur votre terrasse, votre balcon, c'est aussi maintenant qu'il faut préparer l'été. Réparez ou remplacez bacs et jardinières. Choisissez-les assez grands et surtout lourds : il est indispensable qu'ils résistent au vent . Pour répartir vos plantations, tenez compte des zones d'ombre. Pour ces dernières souvenez-vous que bégonias tubéreux et impatiens y sont heureux.
Quand aux balcons, plantez-y de préférence des plantes basses et durables. Corbeilles d'argent ou d'or, phlox, oeillets mignardises y seront parfaits.
Cornichons « maison »
Une bonne douzaine de kilos de cornichons pour l0m2 de plantation : avouez que cela vaut la peine ! Un petit jardin suffit pour une récolte, pourvu qu'on la palisse sur du grillage. Pour l'obtenir, ameublir la terre sur 40 cm de profondeur. Tous les 50 cm creuser à la houe un trou, déposer au fond une pelletée de fumier décomposé, reboucher. Au centre, enfouir à 2 cm de profondeur quatre ou cinq graines de cornichon. A la levée ne conserver que les deux plants les plus robustes par poquet. Arroser, biner, palisser.., récolter.
C'est à la fin de ce mois-ci qu'il faut ainsi semer. Récolte de juillet à octobre.
La corète du Japon
Voici un moyen d'avoir, jusqu'en mai, un feu d'artifice orangé : achetez une corète du Japon en conteneur rit plantez-la sans plus attendre dans votre jardin. Cet arbuste rustique, à croissance rapide, pousse aussi bien au soleil qu'à la mi-ombre et s'accommode de tous les sols. Vous pourrez même vous donner le plaisir d'en offrir à vos voisins car il drageonne avec enthousiasme (c'est-à-dire qu'il produit de nombreuses pousses à la base) et encourage à le multiplier; prélevez ces drageons sur la touffe et replantez-les à la fin de l'automne.
Taille éventuelle en mai après la floraison. Mais seulement si vous voulez modérer sa nature expansive.
Le fenouil
Le fenouil si parfumé n'est pas réservé qu'au Midi. Vous pouvez réussir à le cultiver même si vous n'habitez pas la Provence. Choisissez le « hâtif de Genève » ou le « mammouth géant », deux variétés précoces. Semez les graines ce mois-ci en pépinière ou en place (terre humifère, ameublie et drainée). Repiquez très vite ou éclaircissez en place à une trentaine de centimètres et arrosez d'abondance. Buttez (recouvrir de terre) légèrement les pommes dès qu'elles se forment. Récoltez deux semaines après.
Le ceanothe
Cet arbuste vous offrira tout l'été ses fleurs bleues. Il passera l'hiver au-dehors sans problème si vous prenez seulement soin de protéger sa touffe d'un paillis ou de feuilles sèches. Il refleurira l'an prochain, aussi bleu, après que vous l'aurez au printemps rabattu à 15 cm du sol. Et il durera des années.
C'est le ceanothe dont vous devez planter ce mois-ci dans un endroit abrité et ensoleillé, en sol léger, riche et non calcaire, la variété « Gloire de Versailles » par groupe de trois. Arrosez généreusement.
Gare aux « rhodos »
Ne délaissez pas vos rhododendrons sous prétexte qu'ils ont fini de fleurir. Au contraire : c'est maintenant qu'il faut commencer à préparer leur floraison de l'an prochain. Supprimez les fleurs fanées (à l'ongle) en préservant les deux petits bourgeons axillaires à leur base (ils prépareront la prochaine floraison). Arrosez-les régulièrement jusqu'à fin août, Et au moindre signe de jaunissement des feuilles, regardez si des cochenilles ou des pucerons n'attaquent pas leur face inférieure; si c'est le cas, éliminez-les avec un produit apécial. Sinon offrez à votre plante un bon paillis de terreau de feuilles, de la terre de bruyère et même un produit antichlorose, elle a le calcaire en horreur.
Chrysanthème des jardins
Il n'a besoin que d'un terrain bien drainé et ensoleillé : avouez que cette annuelle-là mérite que vous en semiez quelques graines en terrine ou sous châssis, dans du terreau à peine ramené sur elles. C'est maintenant qu'il faut vous y mettre. Le mois prochain vous repiquerez en place à 30/40 cm d'écartement. Son nom : le chrysanthème des jardins. On peut aussi le semer en septembre, repiquer sous châssis et mettre en place en avril; la floraison sera hâtive.
Le lis trompette
L'African Queen a des fleurs brun et rouille, le Golden Splendour des jaune d'or, le Pink Perfection des rose cru. Superbes et très grandes, elles peuvent atteindre un diamètre de 15 à 20 cm, au sommet de tiges montant jusqu'à 1,50 m de haut. Tel est le « lis trompette » dont vous devriez planter maintenant quelques bulbes chez vous. Opération aisée : bonne terre de jardin bien ameublie, endroit ensoleillé (sauf dans le Midi où vous choisirez la mi-ombre), et trou de 15 cm de profondeur. Ensuite : arrosages réguliers, surtout lorsqu'il commencera à fleurir. Ces lis peuvent rester en terre plusieurs années. Offrez seulement un manteau de paillis aux souches pour passer l'hiver.
La belle de nuit
La belle de nuit n'ouvre ses fleurs qu'à l'approche du soir et les referme le matin venu. Mais comme elle en porte de juillet à octobre et que ce sont les mois où il fait bon s'attarder au jardin jusqu'au crépuscule, ne vous privez pas de cette plante buissonnante qui atteindra quelque 70 cm de haut et illuminera vos soirées du rouge, du jaune, du blanc, du mauve de ses fleurs souvent panachées. En régions à climat doux ou tempéré, mettez ses graines directement en place. N'importe quelle terre lui convient pourvu qu'elle soit profonde et bien ameublie. En régions à climat plus rude et à printemps plus tardif, semez sous châssis et repiquez en place fin mai.
En place, éclaircissez le semis à 40 cm dans tous les sens. Et n'oubliez pas d'arroser copieusement dès qu'il fera chaud.
La lavatère
Semez en place ce mois-ci (ou au plus tard en mai) un arbuste rustique qui donne de grandes fleurs mauves de juillet à septembre, la lavatère. Tous les sols et toutes les expositions lui conviennent et la seule opération à éviter est le repiquage : elle ne s'en remettrait pas. Lorsque la levée sera effectuée, éclaircissez seulement les plants à 50 cm en tous sens.