JUILLET
«Entre en juillet la faucille au poignet », assure le proverbe. Il est vrai que ce mois, celui de Jules César, est aussi un mois d'abondance où l'on récolte le grain bien mûr. Va de ton pas lent, moissonneur un oeil sur la faux... et l'autre sur le ciel pour y découvrir des orages qui tout à l'heure coucheront les épis plus sûrement que le fer de ton « dail ». Juillet c'est le mois des contrastes, celui de la chaleur retrouvée et de l'eau espérée dans les jours ou la canicule se fait aussi écrasante qu'une courge mûre sur la terre brûlée. Temps béni des jardiniers qui sèment encore et récoltent déjà, qui coupent les fleurs pour les faire refleurir encore plus nombreuses... En juillet « petite pluie du matin est bonne pour le vin », affirme le vigneron mon voisin... Ça s'arrose ! Peut-être mais en tout cas n'oubliez pas d'apporter de l'eau régulièrement à vos cultures sous peine de les voir monter à graine prématurémnt! Mais juillet est tellement le mois de l'abondance que sa terre nourricière s'entrouvrira bien encore un peu pour recevoir quelques nouvelles graines...
AOÛT
Août est un mois qu'on savoure... Tout comme Auguste, à qui il est dédié, a dû se délecter de ses triomphes ! Vous ne trouvez pas que ce mois a le parfum des fleurs et le goût du miel ? Il serait bien difficile le jardinier qui renierait août même si la tradition affirme: « En août comme aux vendanges. ni fêtes ni dimanches. » C'est vrai, le jardin vous mobilise pour les premiers labours des planches libérées de leur récolte, la cueillette et le séchage des fleurs pour vos bouquets de l'hiver, les semis des légumes qui viendront cet hiver colorer votre assiette. Mais ne vous laissez pas faire, août c'est aussi le vagabondage le long des haies de mûres mûres, le temps de musarder au bord des étangs où s'épanouit le nénuphar entre les roseaux bruissants de mille oiseaux, l'ombre du figuier où les figues se font plus violettes qu'un ciel d'automne au-dessus des vignes de ma Saintonge natale... Août au goût d'abeille chargée de pollen, c'est le mois de la corne d'abondance dans nos jardins, grands et petits, le mois des Justes aussi où l'on récolte... ce que l'on a semé !
SEPTEMBRE
De tous les mois du jardin, septembre est peut-être celui qui me parle avec l'accent le plus fort. Il a cette plénitude des choses et des êtres qui savent qu'il y a une fin quelque part. L'accent de septembre c'est un soleil qui a la couleur du miel que l'on vient de retirer des ruches, le parfum lourd d'un héliotrope languissant, le claquement sonore d'un sabot écrasant la terre remuée d'un sillon pas encore mouillé par la pluie. C'est le pampre roux qui monte à l'assaut de la pierre grise de l'église romane de mon village natal, cet accent qui, comme le disait Apollinaire, est une façon de parler de son pays tout en parlant d'autre chose. Septembre qui récolte et qui propose déjà la saison future doit être béni des jardiniers, tout s'achève et tout recommence... déjà!
« En septembre, affirme un vieux dicton, les fainéants peuvent s'aller pendre. » Le jardin, où bientôt le cadran solaire ne marquera plus l'heure exacte, est à reprendre à bras le coeur et le jardinier ne doit pas manquer d'allant. Commandes de bulbes, choix de nouvelles variétés, sélections d'arbres et arbustes, tout occupe...