A LA SAINTE-CATHERINE TOUT BOIS PREND RACINE
Planter un arbre n'est pas seulement un acte décoratif, c'est aussi l'un des rites les plus profonds de l'histoire d'amour que l'homme et la nature vivent depuis 9 000 ans depuis que le premier a appris que pour devenir le maître de la seconde il lui fallait d'abord se faire son serviteur.
Le premier épisode du petit chapitre personnel que vous vous proposez de vivre commence, évidemment, par le choix de l'espèce.
Demandez conseil à votre pépiniériste : il connaît mieux que personne les espèces qui prospéreront dans votre climat et votre terre. Et puis, regardez tout simplement autour de vous, les arbres et les arbustes qui poussent spontanément dans la campagne qui vous entoure. Ce sont ceux qui grandiront le plus naturellement chez vous.
Car c'est aussi un élément essentiel de votre choix: cette tige maigrichonne, sans feuillage, que vous allez installer chez vous va y demeurer dix, vingt, trente ans : imaginez comment elle sera en grandissant et installez-la dans un endroit où ses volumes, sa hauteur, sa forme resteront en harmonie avec leur entourage.
Si vous avez suivi nos conseils du mois dernier, vos trous sont déjà prêts ; il vous suffit d'en retirer la terre bien préparée que vous y avez replacée. Mais attention : on ne plante pas lorsqu'il gèle et, en novembre, cela peut être le cas chez vous.
En attendant que le temps s'adoucisse, entreposez vos arbres à racines nues dans un local non chauffé mais où la température reste au-dessus de 0°. Ceux que l'on vous a livrés en motte peuvent rester à l'extérieur, dans leur emballage. Recouvrez seulement celui-ci de paille ou de papier journal pour le protéger du froid le plus vif.
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Les dimensions du trou de plantation dépendent évidemment de la taille de votre arbre. Il ne doit, en tout cas, jamais être inférieur à un cube d'environ 70 cm de côté. La règle est que son volume doit être supérieur de 15 % à celui de la motte ou de l'espace occupé par les racines nues. Les mottes ne demandent qu'une précaution : y toucher le moins possible. Il ne faut surtout ni les fendre, ni les fissurer.
Si vous avez un arbre à racines nues, il est bon de « rafraîchir » celles-ci au sécateur, c'est-à-dire d'éliminer les parties qui se seraient trouvées brisées ou écrasées. Un vieux truc de jardinier consiste, en plus, juste avant la plantation, à tremper toutes les racines dans un seau rempli de « praline » c'est-à-dire une bouillie de bouse de vache et d'eau. Mais il n'est pas toujours aisé de trouver cet ingrédient à proximité de son jardin et on peut le remplacer par une composition d'hormones de reprise du commerce.
Avant de déposer votre arbre (praliné ou pas) dans son trou, placez au fond de celui-ci un mélange de terreau de feuilles et de tourbe, enrichi d'un engrais complet. Jetez dessus une pelletée de bonne terre de jardin (bien ameublée et, si besoin est, allégée de terreau comme indiqué au mois d'octobre) de façon que le tout forme une petite butte. Posez votre arbre dessus, de manière que les racines soient bien étalées si elles sont nues, ou, s'il est en motte, que le haut de celle-ci affleure la surface du sol : le collet (base de l'arbre) ne doit pas être enterré.
Maintenez le tronc bien vertical et remblayez le trou, avec de la terre fine et bien tassée afin d'éviter les vides.
Dernier, mais indispensable épisode de la plantation : le tuteurage. Votre tuteur devra être assez solide et assez bien fiché dans le sol pour garantir au tronc une croissance absolument verticale. Pour y attacher l'arbre n'utilisez pas de fil de fer : il blesserait le tronc. Employez un bon raphia qui, en plus, ne gênera pas le développement de celui-ci.
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Terminez votre opération en aménageant une cuvette au pied de votre nouvel hôte et arrosez copieusement. Ces arrosages devront se poursuivre durant au moins 15 jours, sauf si le gel survient.
Si cela vous paraît nécessaire, vous pourrez, en plus, réduire au sécateur les branches trop longues, éliminer celles que vous jugerez mal placées, de manière à ne conserver que celles qui deviendront les branches maîtresses. Ne taillez jamais la tête des conifères avant qu'ils aient atteint leur hauteur définitive (une tête coupée cesse de grandir). Élaguez seulement les côtés, spécialement dans le cas des haies.
Et notez ces suggestions de plantations en fonction de la nature du sol :
- en terre de bruyère : hortensias, azalées, camélias, rhododendrons;
- en terre argileuse : baguenaudiers, aubépine, deutzias, troènes, lilas, tamaris, pommiers, poiriers, bouleaux;
- en terre sableuse : buis, daphnés, forsythias, sumac de Virginie, noisetiers, abricotiers;
- en terre calcaire : cornouillers, bignonias, berbéris, cytises, amandiers, cerisiers Sainte-Lucie, pruniers de Damas.